TIRÉ DE L'ACTUALITÉ MÉDICALE / 23 octobre 2002 |
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Jean-Marie Auger, MD, LMCC, CCMF
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| Objectif Étudier l’association entre le poids de naissance de l’enfant et la résistance à l’insuline chez la mère d’âge adulte avancé. Conception Étude d’observation de nature transversale. Contexte Cabinets d’omnipraticiens de 23 villes de Grande-Bretagne. Participantes 4286 femmes âgées de 60 à 79 ans. Méthodologie Les participantes devaient rapporter le sexe et le poids à la naissance de leur premier enfant. Des mesures d’insulinémie et de glycémie étaient faites, et la résistance à l’insuline était estimée à l’aide de la formule « homeostasis model assessment », selon laquelle la résistance à l’insuline est le produit de la glycémie à jeun par la concentration d’insuline divisé par 22,5 1. Principale mesure des résultats Résistance à l’insuline maternelle. Résultats Sur les 7143 femmes âgées de 60 à 79 ans invitées à participer, 60 % ont répondu favorablement. Le poids de naissance de l’enfant est inversement proportionnel à la résistance à l’insuline chez la mère à l’âge adulte avancé. Pour chaque kilo d’augmentation du poids de naissance, la mère a une diminution de 15 % (rapport de cote : 0,85 ; IC 95 % : 0,71-1,00) de la résistance à l’insuline. Cela augmente à 27 % (RC : 0,73 ; IC 95 % : 0,60-0,90) pour chaque kilo si l’on tient compte des valeurs confondantes. Une relation selon une courbe en U a été notée si l’on compare le poids de naissance de l’enfant et la présence de diabète à l’âge adulte avancé. Autrement dit, la plus grande prévalence de diabète se retrouve chez les femmes ayant donné naissance aux enfants les plus légers et les plus lourds. Conclusion Malgré l’association connue entre le diabète gestationnel et le fait d’avoir un enfant plus lourd à la naissance, le poids de naissance est inversement proportionnel à la résistance à l’insuline chez la mère d’âge avancé. |
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| Des études antérieures avaient montré une association entre le faible poids à la naissance d’un enfant et le risque accru de maladies cardiovasculaires et de diabète chez la mère
2, 3. Il n’y avait cependant pas d’étude portant spécifiquement sur la résistance à l’insuline chez la mère en relation avec le poids de naissance. Cette étude vise à tester l’hypothèse de l’insuline fœtale selon laquelle il existerait une condition génétique spécifique qui tendrait à augmenter la résistance à l’insuline chez le fœtus, ce qui interférerait de façon négative sur sa croissance intra-utérine tout en augmentant le risque de développer une maladie cardiovasculaire ou du diabète à l’âge adulte. Cette étude était comparable, en ce qui concerne le nombre de participants et les caractéristiques de différents paramètres physiques, à une autre étude réalisée en 1998 portant sur les maladies cardiovasculaires 5. Les participantes ont été rencontrées, interrogées et examinées par une infirmière de recherche. Cette étude portait exclusivement sur le poids du premier enfant rapporté par la mère. On a comparé la moyenne des poids déclarés par les mères au poids moyen des enfants nés à une période comparable inscrits dans les registres d’hôpitaux de l’époque et cela concordait. Cela suggère qu’il n’y a pas eu de sur ou de sous-évaluation de ce paramètre important. Il aurait été intéressant ici de connaître le poids des autres enfants et de prendre en compte aussi la multiparité des mères. On n’a pas tenu compte du nombre de semaines de grossesse à l’accouchement. Les résultats auraient-ils différé ? Sur le plan statistique, l’intervalle de confiance du rapport de cote décrivant la relation négative entre le poids à la naissance et la résistance à l’insuline chez la mère inclut la valeur 1. Donc, en principe, ce résultat brut peut être considéré comme non significatif. Ce n’est qu’après correction en tenant compte de l’indice de masse corporelle que les résultats semblent franchement significatifs. Dans ce contexte, il semble adéquat que les auteurs concluent que l’identification définitive des facteurs génétiques associés au faible poids à la naissance, à la résistance à l’insuline et aux maladies cardiovasculaires sera nécessaire pour confirmer définitivement l’hypothèse de l’insuline fœtale. Comme d’autres études antérieures, cette étude contribuera à nous faire progresser dans la compréhension des facteurs génétiques qui prévalent en ce qui a trait au diabète et aux maladies cardiovasculaires. En attendant les résultats d’autres recherches, nous devons continuer, auprès de nos patientes, à mettre l’accent sur les facteurs environnementaux modifiables connus qui diminuent le risque de faible poids à la naissance. Références
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TIRÉ DE L'ACTUALITÉ MÉDICALE / 23 octobre 2002 |