TIRÉ DE L'ACTUALITÉ MÉDICALE / 11 septembre 2002 |
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Johanne Théorêt, MD, MA, CCMF, FCMF
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| Objectif Évaluer l’impact du traitement chirurgical des symptômes du prostatisme sur la fonction sexuelle de l’homme. Conception Étude randomisée sans insu. Contexte Trois cliniques spécialisées en urologie au Royaume-Uni. Participants 340 hommes âgés de 48 à 90 ans présentant des symptômes liés à une hypertrophie bénigne de la prostate (score de symptômes de 8 ou plus et un flot urinaire de moins de 15 cm3/min.) Interventions Les participants ont été répartis au hasard en trois groupes : résection transurétrale de la prostate (RTUP) (n = 117), traitement au laser (n = 117) et approche conservatrice sans intervention active (sans médicaments ni intervention chirurgicale) (n = 106). Principales mesures des résultats Questionnaires autoadministrés : ICSsex (International Continence Society) portant sur les difficultés érectiles, le volume éjaculatoire, la douleur ou l’inconfort à l’éjaculation ; scores de symptômes prostatiques, dont l’impact des symptômes urinaires sur la qualité de la vie et l’ICSmale. Les questionnaires ont été remplis avant le traitement et 7,5 mois après. Résultats Dans les trois groupes, les dysfonctionnements érectiles et éjaculatoires étaient fréquents (70 %) et problématiques lors de l’évaluation initiale, et ils semblaient s’accentuer avec l’âge. Après le traitement, une diminution de l’éjaculation a été rapportée dans tous les groupes, mais elle n’était pas significativement plus détériorée dans le groupe RTUP que dans le groupe laser. La fonction érectile a été significativement améliorée dans le groupe RTUP, mais la différence significative entre les groupes RTUP et laser n’était pas statistiquement significative (RC : 0,70 ; IC 95 % : 0,36-1,38). La RTUP s’est avérée significativement meilleure pour le soulagement de la douleur et de l’inconfort éjaculatoire que l’approche conservatrice (RC : 0,06 ; IC 95 % : 0,007-0,49) ou que le traitement par le laser (RC : 0,009 ; IC 95 % : 0,01-0,73). Conclusion La RTUP pour le traitement des symptômes du prostatisme a un effet bénéfique supérieur au traitement par le laser sur la fonction sexuelle en améliorant la fonction érectile et en réduisant la douleur et l’inconfort lors de l’éjaculation. Les hommes âgés nécessitant un traitement et souhaitant conserver ou améliorer leur fonction sexuelle devraient envisager la RTUP plutôt que le traitement au laser. |
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| La santé sexuelle est une partie importante du concept de santé globale et elle a un impact évident sur la qualité de vie. Les dysfonctionnements sexuels chez l’homme tendent à être plus prévalents après l’âge de 50 ans. L’hypertrophie bénigne de la prostate et les symptômes qu’elle entraîne poussent de plus en plus d’hommes à consulter. Diverses études citées par les auteurs suggèrent un lien entre les symptômes du prostatisme et la présence de dysfonctionnements sexuels. La question suivante vient à l’esprit du clinicien : « Le traitement des symptômes du prostatisme va-t-il améliorer également la qualité urologique et sexuelle du patient ou améliore-t-il davantage un aspect au détriment de l’autre ? » L’enjeu est d’importance et un counseling éclairé doit être offert aux patients en ce qui concerne l’apparition de séquelles post-traitement (éjaculation rétrograde, troubles érectiles, etc.). Cette étude apporte des données nouvelles qui rehaussent la RTUP, dont les effets sur la fonction sexuelle étaient perçus négativement jusqu’à présent. Sur le plan méthodologique, les auteurs ont procédé à une randomisation sans insu. Les patients ont d’abord été classés selon la gravité de l’obstruction, puis randomisés en les répartissant au hasard par tirage au sort d’une enveloppe indiquant le type d’intervention. Très peu d’information nous est fournie en ce qui concerne le traitement conservateur. On nous dit que les sujets qui l’ont subi auraient eu un suivi sans médicaments ni intervention active, mais qu’ils auraient reçu des conseils généraux et qu’on leur aurait enseigné des exercices vésicaux. Un autre point intéressant qui peut influer sur la valeur des résultats est le nombre de participants. Dans l’étude, le nombre affecté à chaque groupe était à peine suffisant pour pouvoir produire une certaine discrimination dans les résultats pré et post-intervention. Ainsi, il y a une différence clinique intéressante entre la RTUP et le laser pour ce qui est du dysfonctionnement érectile (55 % vs 66 %), mais la taille de l’échantillon n’était pas suffisante pour rendre l’étude statistiquement significative. Les auteurs mentionnent le taux de réponses aux questionnaires et font état des données manquantes. Cependant, la répartition des non-répondants selon les groupes n’est pas présentée et il nous est impossible de savoir s’il n’y a pas eu de perte différentielle au suivi. Une difficulté citée par les auteurs et qui pourrait être une source de biais est la validation d’un questionnaire où le patient effectue une autoévaluation de sa fonction sexuelle. Malgré cette critique, il n’en demeure pas moins que nous ne disposons pas vraiment d’autre méthode plus objective pour mesurer un degré de satisfaction dans ce domaine. Selon l’état des connaissances actuelles, cette étude vient bousculer les croyances qui associaient l’apparition d’une détérioration de la fonction sexuelle plus importante avec la RTUP qu’avec l’approche au laser, qui est présentée d’emblée comme moins invasive. En conclusion, cette étude réaffirme le lien étroit entre les symptômes du prostatisme, les dysfonctionnements sexuels et l’impact sur la qualité de vie du patient. Par ailleurs, elle rend injustifiée l’affirmation voulant que les traitements moins invasifs tels que ceux utilisant le laser aient moins d’impact sur la fonction sexuelle que l’approche standard (RTUP). Encore un mythe qui part en fumée... |
TIRÉ DE L'ACTUALITÉ MÉDICALE / 11 septembre 2002 |