TIRÉ DE L'ACTUALITÉ MÉDICALE / 15 mai 2002 |
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Geneviève
Lévesque, MD, CCMF
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| Objectif Déterminer l’effet du raloxifène sur la survenue d’événements cardiovasculaires chez des femmes ostéoporotiques. Conception Analyse des résultats secondaires de l’étude MORE (Multiple Outcomes of Raloxifen Evaluation), une étude randomisée à double insu avec contrôle placebo menée entre novembre 1994 et septembre 1999. L’étude était conçue pour déterminer l’effet du raloxifène sur la densité osseuse et les fractures vertébrales chez des femmes ostéoporotiques. Les événements et la mortalité cardiovasculaires étaient rapportés comme des effets indésirables. Contexte Cent-quatre-vingt centres de consultation externe de 25 pays. Participants Mesure des résultats |
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| Avant d’utiliser le raloxifène en prévention des maladies cardiovasculaires, d’autres études avec évaluation du risque cardiovasculaire comme principale mesure de résultat devront être effectuées. La place du raloxifène dans la pharmacopée de la postménopause ne me paraît toujours pas évidente. N’étant d’aucune utilité pour les bouffées de chaleur, il ne s’agit d’un premier choix ni pour la prévention de l’ostéoporose ni pour son traitement. Cet article, qui traite de l’innocuité cardiovasculaire du raloxifène, apporte peut-être une réponse à cette interrogation. En effet, on n’a pas montré de différence entre les groupes en ce qui concerne la survenue d’événements coronariens et vasculaires cérébraux au sein de la cohorte globale. Chez les participantes à risque élevé de maladie cardiovasculaire, on a noté une diminution de 40 % du nombre d’événements. Au début de l’étude, le risque cardiovasculaire n’a augmenté ni dans la cohorte globale ni chez les participantes à haut risque. Cet essai randomisé de grande envergure suit une méthodologie rigoureuse. Les groupes étudiés sont essentiellement comparables entre eux. L’analyse des données a été faite en respectant le groupe d’affectation. Cependant, il ne s’agissait pas d’une étude construite pour évaluer les effets cardiovasculaires du raloxifène, les participantes étant sélectionnées en raison de leur ostéoporose. De ce fait, le taux d’événements était plutôt faible (mortalité cardiovasculaire de 1,5 pour 1000 femmes-années contre 2,95 pour 1000 femmes-années dans la population générale des États-Unis). Il était cependant comparable à celui des autres grandes études (Nurses Health, Women’s Health, etc.). La puissance de l’étude a ainsi pu être limitée pour montrer une différence entre les groupes, surtout en ce qui concernait le nombre d’événements précoces. De plus, on ne connaît pas le statut vital de 25 % des participantes à la fin de l’étude, bien que celles-ci aient été réparties de façon comparable dans les différents groupes. Enfin, les événements cardiovasculaires ont été rapportés par les participantes lors de visites de suivi et, dans plusieurs cas, on n’a pas pu corréler de façon objective. Il est intéressant de connaître les autres résultats de l’étude MORE * : le raloxifène diminue le risque de fractures vertébrales de 30 % chez les patientes postménopausées ostéoporotiques, mais il ne diminue pas le risque de fractures de la hanche. Il diminue également le risque de cancer du sein sans affecter le risque de cancer de l’endomètre, mais il augmente le risque de thromboembolies de façon comparable à l’hormonothérapie et au tamoxifène. Une autre importante étude portant sur le raloxifène est en cours (étude RUTH) auprès de 10 101 femmes postménopausées ayant une maladie coronarienne établie ou de multiples facteurs de risque. Les résultats ne seront pas publiés avant plusieurs années. Devant ces résultats, prescrirons-nous du raloxifène demain matin ? Peut-être comme solution de rechange aux bisphosphonates pour la prévention ou le traitement de l’ostéoporose chez les femmes postménopausées à haut risque de maladies cardiovasculaires... Impossible de généraliser plus pour le moment. Références * Nadeau M, Ostéoporose et raloxifène : réduit-on le risque de fracture vertébrale? Critique et pratique, L’Actualité médicale, 24 novembre 1999. |
TIRÉ DE L'ACTUALITÉ MÉDICALE / 15 mai 2002 |