TIRÉ DE L'ACTUALITÉ MÉDICALE / 17 novembre 2004

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Fournir des informations cliniques est important pour
une plus juste interprétation des tests diagnostiques

Article de référence

Loy CT, Irwig L. Accuracy of diagnostic tests read with and without clinical information : A systematic review.
JAMA, octobre 2004; 292 : 1602-9.

Michel Labrecque, MD, Ph.D., FCMF

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Michel Labrecque, MD, Ph.D., FCMF

 

 

Objectif
Déterminer si l’interprétation d’un test diagnostique est plus valide lorsqu’elle est faite avec plutôt que sans information clinique. 

Conception
Recension systématique des écrits.

Source des données
La principale source des données a été la banque Medline (1966- décembre 2003). Une recherche des références des articles retrouvés ainsi que des articles connexes cités dans la banque de données Web of Science (1985- décembre 2003) a également été effectuée.

Sélection des études
Tous les articles comparant la validité de tests diagnostiques interprétés deux fois dans un contexte similaire par les mêmes personnes une fois avec et une fois sans information clinique. Seuls les articles rapportant la sensibilité et la spécificité ou la courbe ROC (Receiver Operating Characteristic) ont été inclus.

Extraction des données
Les données ont été extraites par un des auteurs et revues de façon indépendante par l’autre. Lorsqu’elles étaient difficiles à interpréter, elles faisaient l’objet de consensus entre les deux chercheurs. 

Synthèse des données
Seize articles correspondaient aux critères d’inclusion, 11 comparant la courbe ROC et 5 comparant seulement la sensibilité et la spécificité avec et sans information clinique. Dix articles ont utilisé l’information clinique réelle, alors que six ont utilisé des scénarios cliniques construits aux fins de l’étude. De façon générale, l’information clinique améliore la validité de l’interprétation des tests. L’effet était diminué lorsque les études utilisaient l’information clinique réelle, comparativement à des scénarios cliniques imaginaires. Dans aucun cas, le fait de fournir l’information clinique a réduit de façon significative la validité de l’interprétation d’un test. Dans certains cas, l’amélioration de la validité de l’interprétation résultait d’une amélioration de la sensibilité sans perte de spécificité. 

Conclusion
La pratique habituelle consistant à interpréter les tests diagnostiques à la lumière de l’information clinique semble justifiée au moins pour les tests examinés. Les études futures devraient s’attarder à évaluer les meilleurs moyens de fournir l’information clinique.

 

Depuis toujours, des radiologistes (enfin ceux que je connais !) insistent pour que les cliniciens leur livrent l’information clinique pertinente lorsqu’ils font la lecture des tests d’imagerie. Cette étude vient appuyer le bien-fondé de leur requête. 
Les auteurs ont réalisé une recension systématique des études répondant à des critères de qualité minimaux et comparant l’interprétation de tests diagnostiques à la lumière ou non de l’information clinique. La majorité (15 sur 16) des études portait sur des tests d’imagerie, surtout des radiographies. Bien que les sources de données consultées et la méthodologie de sélection et d’extraction de données aient pu être perfectibles (consultation de banques de données plus nombreuses, processus de sélection et d’extraction de données réalisé de façon indépendante), les résultats sont assez probants dans l’ensemble. Seules les études répondant à des critères de sélection rigoureux ont été conservées. Les auteurs ont utilisé les courbes ROC à bon escient pour présenter leurs données. Cette mesure permet de comparer la précision de tests différents ou de tests semblables qui aurait utilisé différents seuils de positivité, ce qui est certainement le cas ici. 
On pourrait supposer que le fait de donner l’information clinique entraîne seulement un changement du seuil de positivité lors de la perception (initiale et globale) et de l’interprétation finale des données, résultant en un changement de la sensibilité au détriment de la spécificité ou vice-versa. Si c’était le cas, la validité globale des tests ne serait pas modifiée par l’information clinique. Cependant, quelques études ont montré que la sensibilité peut augmenter sans changement de la spécificité, ce qui laisserait supposer que l’indice de suspicion des personnes qui font l’interprétation des tests serait favorisé par l’information fournie par les cliniciens. 
Les auteurs suggèrent que l’interprétation des tests diagnostiques pourrait être faite en deux temps. Une première lecture serait faite sans information clinique et une deuxième, à la lumière des informations fournies par le clinicien. Intéressant ! Reste à voir si cela augmenterait la validité diagnostique et serait faisable sur le plan clinique. 
Nous interprétons toujours (enfin, nous le devrions...) les résultats d’analyse de laboratoire à la lumière de notre questionnaire et de notre examen. Par exemple, notre juste interprétation des résultats d’une formule sanguine ou d’une analyse d’urine pour diagnostiquer une infection repose sur la probabilité clinique (prétest) de cette infection. Les études dont nous disposons suggèrent que nous devions faire de même lorsque les tests sont interprétés par une tierce personne. Le partage de l’information semble garant d’une interprétation optimale des tests diagnostiques Comme le disait un de mes confrères radiologistes : « Vous avez la lecture que vous méritez ! »

 

TIRÉ DE L'ACTUALITÉ MÉDICALE / 17 novembre 2004