TIRÉ DE L'ACTUALITÉ MÉDICALE / 1er septembre 2004

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L’angioscan pour évaluer les traumatismes vasculaires aux extrémités

Article de référence

Busquets A, Acosta J, Colón E, Alejandro K, Rodriguez P. Helical computed tomographic angiography for the diagnosis of traumatic arterial injuries of the extremities. 
J Trauma, mars 2004 ; 56 : 625-8.

Geneviève Côté, MD, CCMF (MU)

Geneviève Côté, MD, CCMF (MU)

 

 

Objectif
Montrer les possibilités diagnostiques de l’angioscan pour évaluer les traumatismes vasculaires aux extrémités.

Conception
Étude rétrospective par révision de dossiers.

Contexte
Centre de traumatologie de San Juan, à Porto Rico, de juillet 1998 
à avril 2001.

Participants
Quatre-vingt-quinze patients de plus de 16 ans ayant subi des traumatismes fermés (70 %) ou pénétrants (30 %) aux membres supérieurs (19 %) ou inférieurs (81 %) chez lesquels on suspectait une atteinte vasculaire du membre lésé (pouls diminué, hématome pulsatile, ischémie, hémorragie importante).

Interventions
Les patients subissaient un angioscan. Si celui-ci montrait la présence d’une lésion vasculaire (occlusion, rupture, pseudoanévrisme, rupture de l’intima), cette découverte était alors confirmée par une angiographie standard ou par une exploration chirurgicale.

Principale mesure de résultats
La présence d’anomalies vasculaires.

Résultats
Quatre-vingt-dix-sept angioscans ont été réalisés chez 95 patients. L’angioscan était anormal chez 25 patients (21 patients présentaient une occlusion artérielle, 2 patients montraient une rupture de l’intima et 2 autres, un pseudoanévrisme). Toutes ces lésions ont été confirmées par une angiographie ou par une exploration chirurgicale. Quant au groupe de 72 patients dont l’angioscan était normal, le suivi (d’une durée moyenne de 8 ± 3,1 mois) a été possible chez 84 % d’entre eux et aucune lésion additionnelle n’a été identifiée. 

Conclusion
Cette étude rétrospective suggère que l’angioscan pourrait être utilisé comme modalité diagnostique à la place de l’angiographie standard chez les patients victimes d’un traumatisme à une extrémité.

 

La population concernée par cette étude est certes limitée, mais, par contre, ces patients qui sont victimes d’un traumatisme à une extrémité nécessitent une prise en charge et un diagnostic rapides afin de limiter les complications liées à l’ischémie prolongée. Dans la documentation médicale, l’angiographie standard, reconnue comme la méthode idéale pour identifier ce type de lésions, est associée à un taux de faux positifs de l’ordre de 2 % et peut entraîner des complications chez 2 % à 3 % des patients (thrombose, embolisation distale de plaques athéromateuses, dissection de l’intima, spasme artériel, hématome au point de ponction). Elle est, de plus, assez longue à réaliser. 
En traumatologie, l’angioscan est de plus en plus utilisé, car il permet non seulement de faire une évaluation vasculaire, mais aussi d’apprécier l’état des tissus mous et des organes adjacents. Les auteurs ont voulu nous faire part de leur expérience personnelle au centre de traumatologie de San Juan, à Porto Rico, en ce qui a trait à l’utilisation de l’angioscan pour évaluer les traumatismes aux extrémités. 
L’étude présentée est rétrospective, de petite taille et non randomisée, ce qui limite les conclusions que l’on peut en tirer : aucune donnée quant à la performance diagnostique du test (sensibilité, spécificité, rapports de vraisemblance) n’est présentée et 16 % des patients dont l’angioscan était normal ont été perdus au suivi. De plus, il aurait été intéressant de comparer les délais nécessaires pour obtenir et réaliser ces examens (angioscan vs angiographie) et d’indiquer le taux de complications liées à l’angiographie dans le milieu, ces deux éléments étant les principales raisons citées pour motiver le choix de l’angioscan. 
Par ailleurs, on doit souligner l’écueil principal de ce type d’études de dossiers sans critères explicites : les auteurs risquent d’introduire un biais majeur en faveur de l’angioscan puisque c’est la modalité qu’ils désirent promouvoir. Leur travail permet de générer une hypothèse dans les faits uniquement, à savoir que, chez les patients traumatisés stables sur le plan hémodynamique et ne nécessitant pas d’emblée une exploration chirurgicale, l’angioscan pourrait permettre de remplacer l’angiographie dans le cadre de l’investigation vasculaire. 
D’autres études avec une méthodologie prospective devront cependant être réalisées avant que nous envisagions d’incorporer leurs conclusions dans notre pratique.

 

TIRÉ DE L'ACTUALITÉ MÉDICALE / 1er septembre 2004